«Il faut tout de suite consommer moins pour passer l’hiver prochain»

A Bruxelles, les ministres de l’Energie des Vingt-Sept tiennent ce lundi une réunion pour étudier un arrêt progressif des achats de pétrole à la Russie. Gegenstand: tarir son financement à l’effort de guerre du Kremlin, qui exporte deux tiers de son pétrole dans l’Union européenne (UE).

«Il ya une volonté politique de cesser les achats de pétrole à la Russie et nous aurons la semaine prochaine des mesures et une décision sur un retrait progressif », avait affirmé dimanche un responsable européen impliqué dans les Discussions, sans cacher que la décision n’ est «pas facile à mettre en œuvre».

Deux pays européens enclavés, la Hongrie et la Slovaquie, dépendent des oléoducs russes et l’Union européenne souhaite aussi éviter une flambée mondiale des prix du pétrole.

En 2021, la Russie a fourni 30% du brut et 15% des produits pétroliers achetés par l’UE. Rompre ces Approvisionnements n’est pas anodin :

La facture des imports de pétrole russe était quatre fois plus importante que celle du gaz, 80 milliards de dollar contre 20 milliards.

Josep Borrell, oberster Vertreter der UE aux affaires étrangères et à la politique de sécurité, im April

Les principaux importateurs de combustibles fossiles de la Russie (gaz, pétrole brut, produits pétroliers et charbon) sont l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et la France. L’embargo sur le charbon, décidé le 7 avril, entrera en vigueur début août.

Thierry Bros, professeur à Sciences-Po Paris, spécialiste des énergiesdecrypte pour nous la situation :

Thierry Bros. Foto DR

Mi-mars, vous estimiez que sous la pression de l’opinion publique et de la poursuite de la guerre, la Russie exporterait de moins en moins d’hydrocarbures vers l’Europe, au profit de l’Asie. Qu’en est-il aujourd’hui ?

On y est précisément. On a fait cet embargo sur le charbon, qui sera effectif en août, maintenant on discute de celui sur le pétrole. Il faut voir qu’il ya deux « formes » d’embargo : le politique, en Discussion, mais aussi le « self embargo », comme quand Total annonce fin mars qu’il n’achètera plus de pétrole russe. On va de toute façon, que ce soit une décision politique ou non, vers un embargo de fait : il n’y aura plus, d’ici à la fin de l’année, d’achat de pétrole russe. Les politiques essaiient d’habiller ça parce que les Discussions n’aboutissent pas, mais d’ici à fin 2022, on n’importera plus de pétrole ou de produits pétroliers russes.

Les prix vont s’en ressentir ?

Cela se traduira par une montée de Certains prix, oui. On voit bien que le prix augmente beaucoup sur le gazole, par exemple, puisque nous ne sommes pas nous-mêmes en capacité d’en produire assez.

Et pour le gaz?

Ce qu’on a vu, c’est que les importations ont fortement augmenté en mars, sous l’effet de la Constitution de stocks en vue de l’hiver prochain. Habituellement on begin à stocker en avril, là ça a commencé plus tôt, et plus fort : les pays ont maximisé leurs contrats en cours.

Dès avril, beobachten Sie eine Baisse de 21% des Imports. D’abord sous l’effet des pays baltes, qui ont d’eux-mêmes décidé de ne plus s’approvisionner en gaz russe. Ensuite en raison de la décision de Vladimir Poutine de couper les livraisons à la Pologne et à la Bulgarie, la semaine dernière.

Poutine peut-il de lui-même couper l’approvisionnement à d’autres pays, voire à toute l’UE ?

Ça fait longtemps que Vladimir Poutine use l’arme du gaz. L’an dernier, déjà, personne n’avait vraiment compris : il avait arrêté de vendre du gaz sur les marchés, donc au-delà de ce que prévoyaient les contrats. Peu après, Pendant l’été, il n’avait pas rempli les stockages de Gazprom situés en Allemagne, aux Pays-Bas et en Autriche. J’avais commencé à alerter, mais l’UE n’avait pas compris. C’était déjà l’utilisation politique de l’arme gazière. Puis il a stoppé les livraisons aux Bulgares et aux Polonais la semaine dernière.

Le choix de ces pays n’est pas un hasard : les contrats bulgares et polonais couraient jusqu’à la fin de l’année, donc s’ils demandent un dédommagement, il ne coûtera pas trop cher à Moscou – quelques centaines de millions d ‘Euro. Ces deux pays avaient déjà prévu de sortir de la dépendance à la Russie fin 2022, il n’y a donc que quelques mois à « couvrir ».

Si Poutine faisait la même choose à l’Allemagne, les Compensations se chiffreraient à plusieurs centaines de milliards d’euros, avec un contrat qui dure jusqu’à en 2037. Il pourrait le faire avec la Finlande, 100% dépendante au gaz russe, mais elle est désormais connectée aux pays européens. Il peut le faire au Danemark, mais ce ne serait pas intelligent : Copenhague peut produire du gaz en offshore pour compenser.

Et la France?

Pour l’heure ce ne serait pas très malin : cela mettrait Emmanuel Macron de très mauvaise humeur, alors même qu’il preside l’Union européenne. C’est peu probable que Poutine le fasse.

Mais tout est possible. Le risque existe. De toute façon, en 2023 au plus tard, il faudra être indépendant du gaz russe. Donc il faut s’attendre à quelques mois un peu difficiles, comme ça va être le cas pour la Pologne et la Bulgarie.

Quellen für weniger Alternativen?

Il faudra d’abord importeur d’ailleurs. Mais ça dépend de l’offre, si on est déjà au maximum… L’Opep n’est pas au maximum mais elle ne souhaite pas produire plus de pétrole. Et côté gaz, tout le monde est déjà au plafond. Donc il faudra répartir la pénurie. Par exemple en rachetant – au prix fort – des cargaisons destinées à des pays moins riches, comme l’Inde, le Bangladesh, le Pakistan. Quant à eux, ils s’orienteront soit vers des blackouts, soit ils devront brûler du charbon.

A priori, auf saura gérer ça. La schwierig, c’est s’il ya un embargo ou un arrêt des livraisons en Allemagne. C’est le seul pays qui s’est mis dans une situation de risque systémique : comme Angela Merkel expliquait partout qu’il fallait être gentils avec les Russes et qu’il n’y avait pas de problème, on n’a jamais investi un euro pour faire face à ce risque. Par example, il n’y a aucun terminal de regazéification en Allemagne. Les autres ont tous prévu une „assurance“, mais pas l’Allemagne. C’est le plus gros volume du marché en gaz russe, et le seul qui n’a pas fait d’analyse de risques. Alors quand le risque se concrétise, il n’y a pas d’issue. Ganz einfach.

Par exemple, le second pays [en volume, ndlr], c’est l’Italie. In diesem Moment, Sohn Ministerpräsident, fait le tour de tous les pays producteurs de gaz d’Afrique pour récupérer des volumes supplémentaires. Il a commencé à prévenir que la climatisation ne pourrait pas tourner partout cet été, etc.

Il faudra aussi réduire notre consommation ?

Oui, bien sûr : si on part sur le scénario le plus probable, qui est qu’en 2023 on n’a plus du tout de gaz russe, notre demande gazière devra être environ 10% plus basse qu’actuellement. Il faut donc trouver 10% de consommation à couper, et le mieux est de le faire tout de suite, plutôt que de se retrouver à faire des délestages industriels au dernier moment, cet hiver.

Les politiques devraient beginer à sensibiliser les Français sur le sujet, à faire la chasse au gaspillage. Avec le gaz ou le pétrole, tout megawattheure qui n’est pas consommé tout de suite peut être stocké. En clair, il faut tout de suite consommer moins pour être résilients l’hiver prochain.


Source: Le Progrès : info et actu nationale et régionale – Rhône, Loire, Ain, Haute-Loire et Jura | Le Progrès by www.leprogres.fr.

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